dimanche 18 mars 2012

Première semaine

Indonésie.
Pays de démesure et de contrastes. Archipel aux 17 000 îles, pays laïc aux 200 millions de musulmans, récente dictature mais aussi nouvelle démocratie déjà gouvernée par une femme, corruption et clientélisme, énorme diversité des cultures, pays aux 540 dialectes, hommes d’affaires milliardaires et indiens Punans des forêts, joyau de nature et de biodiversité, plages paradisiaques, rizières, volcans et forêts tropicales, pollution immonde, mines gigantesques, gaz naturel, pétrole et huile de palme,... L’Indonésie ne laisse pas indifférent. Ce pays me semble être à lui seul un continent éclaté qui promet de m’offrir émotions fortes, émerveillement et choc culturel. 

Interdit de jeter des clous...

La grande Mosquée Istiqlal de Jakarta

Street Art à Jakarta

Cliché...
Vendeuse sur une place


« L’unité dans la diversité », la devise qui en dit long…

Voilà une semaine que je suis ici. L’arrivée à Jakarta fut surprenante. L’autoroute à 8 voies qui mène de l’aéroport de Jakarta à Bogor est un fleuve immense de voitures et de deux roues qui s’écoule lentement et sans fluidité tel une substance visqueuse, noire et polluée qui serpente entre les buildings de 30-40-50 étages. Les embouteillages sont terribles, ils laissent tout le temps d’observer… L’immensité de ces infrastructures routières est surprenante ! L’opulence projetée aux yeux du nouvel arrivant également ! Je ne peux compter le nombre d’immeubles en verre qui frôlent les nuages, le nombre de publicités et d’écrans géants, de bretelles d’autoroute qui se chevauchent et s’entrecroisent… Tout cela me rappelle que l’on est bien dans une mégalopole, un centre urbain gigantesque qui draine une richesse considérable. Pays en développement ? Pays pauvre ? Pays Moins avancés ? Tiers Monde ? Celui qui pense échapper aux I Phones, Black Berry, Mercedes, BMW, show télévisés lobotomisant et Mc Donald en allant au Sud se trompe lourdement… Peut-être plus qu’ailleurs le capitalisme et sa publicité consumériste s’étalent sans retenue pour rappeler aux pauvres qu’ils n’ont rien et aux riches qu’ils n’ont encore pas assez…

Jakarta by night
Jakarta...
Jakarta le jour
Bogor. (Petite) ville d’un million d’habitants. Je travaille dans un Centre de recherche international en foresterie. L’objectif principal est de contribuer à mieux connaitre les forêts et les gens qui en dépendent pour mieux gérer les ressources forestières, de manière durable et équitable. Je ne vous perdrai pas ici dans les méandres de la gestion sociale de l’environnement et des ressources naturelles. Un point seulement. Comme pour toute chose, je pense qu’il faut (du moins il faut tendre à…) soutenir les populations les plus démunies, les plus fragiles. Il ne s’agit pas d’être utopiste ou déconnecté des réalités économiques, des réalités de terrain. Il s’agit de garder une éthique dans la science et le développement, une vision sociale du progrès. Croire au progrès, croire à un monde meilleur, c’est viser l’équité sociale, l’égalité et la justice (Ouuuh putain on croirait du F. Hollande…). S’il faut faire des sacrifices économiques ou même environnementaux pour des raisons sociales, alors oui pourquoi pas. S’il faut couper la forêt par endroits pour donner du travail aux gens, s’il faut planter des palmiers à huile pour remplir les caisses de l’Etat, s’il faut couper des arbres centenaires pour développer une région pauvres… Ben pourquoi pas (de mon point de vu)!  Mais comment ? Par qui ? Au profit de qui ? Avec quelles précautions et quelles priorités ? En suivant quel modèle économique ? Avec quels mécanismes de redistributions ? Quelle éthique ? Ce qui est évident c’est que la situation actuelle profite bien trop au secteur privé et pas suffisamment aux plus démunis. Les multinationales se gavent, payent certes des impôts (20% tout de même sur l’huile de palme à l’export) et l’Etat choisis d’allouer ces fonds là où il l’entend. Dans une démocratie transparente et sans corruption, pourquoi pas (même si la logique économique est critiquable) mais lorsque les politiciens en profitent pour s’enrichir à titre personnel en n’accordant aucune importance aux communautés locales, alors là… Cela pose problème… Et donc il faut combattre intelligemment !
Feuille d'Aracée

Sur le chemin du travail

Entrée du travail
Que dire de cette première semaine ? Certains pensent peut-être que les tropiques c’est les vacances, les ballades dans la nature et les repas au coin du feu avec des indiens de la forêt… Désolé de casser le mythe mais pour le moment rien de très incroyable. Au bureau (bien trop climatisé), j’ai passé l’essentiel de mon temps (8-9h par jour) entre publications scientifiques (bien trop en Anglais) et mails de premiers contacts (bien trop sérieux), formalités administratives (plutôt efficaces) et synthèses de documents (bien trop longues). Bien sure (et bien heureusement !!), il y a du bon café ! Comme à mon habitude, quelque soit la latitude, je fonctionne à la caféine… Donc les pauses « Kopi hitam » ont été aussi l’occasion de rencontrer des gens, chercheurs, consultants, employés divers du CIFOR ou de l’ICRAF. Le cadre de travail est excellent ! C’est très stimulant de travailler dans cet environnement international entouré de compétences variées du plus haut niveau. Je vais commencer par préparer mon étude de terrain ici à Bogor puis je m’envolerai pour Bornéo et l’archipel des Molluques pour aller au contact de la réalité… Pour l’instant c’est les tropiques climatisés, la forêt sur papier, les communautés villageoises à distance.
Je vie dans une petite chambre avec douche dans une petite maison Indonésienne. Propre, confortable, ni trop ni pas assez. Mon voisin immédiat, Arif, est un Indonésien en post-doc qui a vécu en Allemagne. Très cool, il m’apprend plein de choses sur la culture et quelques mots de vocabulaire en Bahasa Indonesia. Au rez-de-chaussée, Ariane et Thibaut, deux étudiants Français en stage également. Ils sont simpa et curieux, tout comme moi, de cette culture nouvelle. J’adore le quartier, c’est vivant, populaire, on dirait un village en fait. Les enfants m’interpellent souvent par des « Boulet ! boulet ! (l’étranger) » ou alors « Hello Mister ! Hello Mister ! ». Les adultes sont curieux mais respectueux. Pas de tourisme ici donc pas de comportements « monétaro-touristiques ». Moi qui avais une petite appréhension vis-à-vis de la politesse, du respect, de la timidité asiatique… Et bien c’est balayé ! Je ne vais pas me lancer dans des généralités sur les Indonésiens mais pour le moment je les trouve agréables, gentils, souriants et plutôt super accueillants ! C’est vraiment cool d’être ici.
Si jeunes et déjà membres de la troupe d'artistes

Une troupe d'artistes sur une place de la vieille ville à Jakarta
Cracheurs de feu et fouetteurs !
Location de vélos funny à Jakarta
 Bon, vous me connaissez, ça me démange, j’ai un peu envie de parler de Syrie (une boucherie sans noms qui pose des questions tellement complexes sur le devoir/droit d’ingérence…), de Palestine (25 morts et 75 blessés qui n’ont une fois de plus aucune valeur aux yeux du monde…), du Soudan (où Omar El Béchir continue de massacrer une partie de son peuple au Kordofan), de France (où Sarkozy s’est fait humilié sur le plateau du Petit Journal alors même qu’il parait qu’il remonte dans les sondages), du Nigéria (où une secte extrémiste opposée à une junte militaire corrompue menace la stabilité de cet immense pays). Mais je ne vais pas encore faire mon relou avec la politique quand même… Laissons cela aux journalistes, ils nous dépriment très bien au quotidien. Mais cela reste important de rester connecté, de garder les yeux ouverts.
Je suis en Indonésie alors parlons d’Indonésie.
Fier de sa bécanne !
Taxi moto suivi d'un "Hangkot" les bus locaux
Le « bahasa Indonesia », langue nationale, n’est pas très très difficile. Je m’en sors déjà pas trop mal, du moins pour prendre un transport, manger, se présenter et faire rire les personnes rencontrées par mes erreurs. Reste beaucoup de travail, mais j’y travaille ! En allant vers les gens, en essayant d’échanger, de comprendre, de discuter… Mais quand même, c’est la première fois de ma vie où je me retrouve dans des situations ou l’incompréhension est totale, mais alors mais TOTALE. Impossibilité complète de faire comprendre une chose simple à mes interlocuteurs. La plupart des gens ici ne parlent même pas 2 mots d’Anglais. Et pourtant je suis en ville ! Imaginez à la campagne… Alors bon, on fait comme on peut avec la gestuelle et pis tant pis si la conversation se termine par un sourire gêné… c’est un défi pour moi car j’ai trop besoin d’échanges, de relations sociales pour en rester là. C’est un peu frustrant parfois. Mais ça tombe bien, je pars la semaine prochaine à Jogjakarta pour 2 semaines de cours intensifs (6h par jour). Je vais vivre dans une famille Indonésienne, manger Indonésien, boire Indonésien et peut-être même rêver Indonésien en fin de compte !

A la gare
Pour finir 2 anecdotes :
Vendredi soir à Jakarta, Edith était invitée par une amie qui vie en Indonésie depuis 2 ans. Donc je me suis joins au groupe, c’était l’occasion de voir Jakarta la géante… Mis à part le coté prévisible de la soirée d’expatrié que je n’ai pas vraiment apprécié, un détail de la soirée mérite d’être raconté. On a voulut nous emmener dans un tout nouveau bar, soit disant tendance de la capitale. En fait un repère à fils et filles à papa… Thibaut était en sandales donc à l’entrée les vigiles le refoule. « Non Monsieur, les sandales ça ne rentre pas ! ». Bon, je passerai sur la carrure IMPRESSIONNANTE des vigiles qui devaient bien faire 1m65 de moyenne pour 53 kilos… Mais le plus drôle c’est quand un vigile a entrainé Thibaut vers un banc à l’extérieur. Il s’est assis et a commencé à défaire ses lassés puis à retirer ses chaussures pour les lui prêter ! Imaginez la gentillesse du gars… Il te refoule mais il se sent tellement mal qu’il veut te prêter ses chaussures… Son boss lui a dit « tu ne laisse rentrer personne en sandale » mais à oublier d’ajouter « toi tu ne boss pas en sandales ! ». LoL ! Thibaut a refusé encore heureux… Cet épisode bien drôle ne m’a pas pour autant donner plus envie de rester à Jakarta où les embouteillages sont tout simplement déprimants (partout tout le temps !). Le lendemain, après une visite de la vieille ville, retour à Bogor par le train pour la modique somme de 65 centimes d’euros…

MIAM ! No comment...
Ouhhh miam miam ! Moi qui aime manger, l’Indonésie regorge de plats divers et variés. Du riz sous toutes ses formes (Nasi putih, goreng, etc.), des beignets frits (Krupuk), des salades méga-pimentées (Gado Gado), du poulet et du poisson pour tous les goûts et bien d’autres choses… Et que dire des fruits… La plupart semblent être de la famille du litchis mais avec une diversité de couleurs et de goûts bien appréciable. En bref, je me régale (et pour presque rien !) ! Mais dans le même temps, je n’ai pas fait autant de sport depuis l’âge de mes 15 ans ! Au CIFOR c’est un peu le luxe, y a une piscine, une salle de sport et deux terrains de foot (extérieur et intérieur). Donc je me suis remis au footing et au foot activement. Le mardi et le jeudi entre midi et deux, match de foot-salle avec des Indonésiens. Ils sont inconnus en coupe du monde mais il y en a quand même quelques uns qui sont super bons ! Avec ma carcasse de géant (oui oui ici je suis un géant), j’ai parfois du mal à suivre les zigzags de petits nerveux d’1m53…

Des petites voisines

Oh dis donc, y a quoi la dessous à ton avis?
Sampai jumpa lagi !
Un sacré ptit numéro !

1 commentaire:

  1. j' adore ton blog § je veux ouvrir le mien mais j'hésite a chaque fois§ prends soin de toi et reviens nous velu bises

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