Voilà presque trois semaines que je suis en Indonésie. Je ne sais pas trop pourquoi j’écris. Est-ce pour donner des nouvelles ou bien une forme de thérapie-introspective du voyage par l’écrit ? En fait, un peu les deux et surement aussi par pur plaisir de jouer avec les mots et d’étaler des caractères sur un écran. J’ai l’impression de me répéter, parfois d’être trop compliqué, confus, pas assez concis ni intéressant. Il suffirait de dire un peu ce que je fais, ce que je vois et où je vais... Allé j'essaye !
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| Définition : Green Washin : activité peu couteuse menée par des industries polluantes qui consiste à faire croire au public que le respect de l'environnement est une priorité pour elles... Burk ! |
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| Un ptit voisin qui pique des fruits chez nous (et au passage regarde ce que font les boulets)! |
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| Un homme transporte sa récolte de Manioc près du lac |
Bon. Je suis à Yogyakarta pour 2 semaines de cours d’Indonésien intensif. 6h par jour en face à face avec 3 profs successifs. En fait, j’ai juste l’impression que comme ça on peut se débrouiller dans n’importe quelle langue en quelques semaines ! Comme l’Indonésien est particulièrement PAS difficile, je m’en sors déjà pas mal (alors que je croyais être un handicapé des langues)... C’est super agréable de pouvoir demander son chemin, discuter et blaguer un peu dans la rue. Même si beaucoup de vocabulaire manque encore, j’arrive la plupart du temps à me faire comprendre pour des trucs de base. Cool !
Djogdja (Yogyakarta) est une petite-grande ville d’environ 5 millions d’habitants. Situé à l’Est de l’île de Java, elle est célèbre pour ses magnifiques temples de Borobudur et de Prembanan (Elles font un peu guide du routard ces 2 phrases là, non ?!).Située au pied du volcan Mérapi, la ville est célèbre pour ses centaines d'universités et ses légions d'étudiants. C'est plutôt agréable d'être ici, on se sent ailleurs, dans un autre environnement que Bogor. Les gens me regardent moins, ne m'interpellent même presque plus au noms de "Mister !" ou "boulet !". Il y a une grande rue commerçante appelée Jalan Malioboro et pas mal de choses à voir un peu partout.
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| Vendeur ambulant |
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| Un Warung parmi des milliers. On y mange plus ou moins bien mais jamais très cher ! |
Bon voilà, je me plais bien ici. J’en apprends de plus en plus sur la culture (ou du moins certaines cultures…). J’ai souvent pour éléments de comparaisons quelques pays d’Afrique Sub-saharienne et le Maroc (je vous passerai le parallèle culturel ou socio-économique…). Et ben je dois dire que parfois je m’y retrouve mais parfois PAS DU TOUT! Du coup j’en oublie les comparaisons et je profite simplement, j’apprends et je découvre au quotidien. J’ai par exemple beaucoup appris sur la culture de « non confrontation » des Asiatiques (excusez moi pour la généralité, les Afghans, les Irakiens et les Syriens sont Asiatiques aussi non ?… Mais on se comprend quoi !). En effet, ici, on m’a expliqué que la confrontation frontale, le refus catégorique, l’opposition vive n’existait pas ou du moins sous des formes justement non frontales, non catégoriques, non vives… Un problème relationnel n’est jamais exposé de front, pour éviter le choc, l’affrontement, on passe par des subtilités, un tiers, etc. Euh… quoique quand on voit le dynamisme de la société civile et la violence de certaines manifestations ici (en ce moment pour protester contre l’arrêt des subventions à l’énergie : électricité et essence. Au 1
er Avril, les prix devraient exploser et ça ne plait pas du tout à beaucoup de gens…). Deuxième argument qui contredit le « pacifisme légendaire » des Asiatiques (en plus de la dérouillé que ce sont pris les Américains au Vietnam), le film que j’ai vu hier. En voici la bande annonce… No comment !
Il y a quelques jours, j’étais à un concert de Reggae. Trop marrant de voir des Rasta Indonésiens tripper (à jeun) comme des oufs sur du bon BoB, du Alpha, etc. C’est vrai qu’ici les fêtes ne sont pas légions et l’ambiance de soirée assez calme en général. Alors qu’en France je me couche tardivement, ici, c’est souvent que je dors à 22h, 22h30… Donc une petite soirée Reggae c’est super appréciable !!! Au passage on a rencontré des gens simpas dont un gars en particulier qui vaut la peine que je vous en parle. Petit fils de communiste, fils de communiste, lui-même communiste ou bien anarchiste selon les cas, je vous présent Agawech. Ce gars a les yeux qui pétillent d’intelligence et la rage au cœur. Etudiant en littérature Française, il a Albert Camus tatoué sur le bras gauche et El Che sur l’autre. Emprisonné 5 fois depuis 2005 pour simple délit d’opinion (le communisme est interdit et sévèrement combattu en Indonésie), il nous parle de ses opinions, de sa vision d’une Indonésie soit disant en développement mais qui cache un immense gouffre de misère et d’injustice. Il en veut à tout le monde, il ne croit plus à la démocratie… Personnage intéressant !
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| Reggae concert |
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| Street art |
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| Musicien de rue |
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| Hé il est bizarre ce "boulet" là... |
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| Un des millions de petit vendeur Indonésien... |
Ces derniers jours, il y a de gros orages… Heureusement avant cela, j’ai pu visiter le temple de Prembanan… Vous connaissez ce discours qui consiste à dire qu’on veut sortir des sentiers battus, ne pas faire des trucs de touristes, être à l’arrache ? Pourquoi ? Et bien déjà pour se sentir unique (ne pas faire comme la masse) et ensuite pour ne pas avoir à faire à des comportements commerciaux ou intéressés de la part des populations… En d’autres termes on veut des zones vierges à explorer et des « indigènes » naïfs, gentils, sincères qui ne pensent pas à l’argent… On veut aller dans des pays pauvres et dépenser le moins possible, manger comme les gens, vivre comme les gens et ne surtout pas trop investir dans le développement du pays, cela pourrait faire qu’il soit moins « exotique » pour nos enfants… Héhé, pour changer, j’en fais trop, je provoque, je suis le premier à vouloir sortir des sentiers battus… Mais tout de même, je me suis aussi souvent posé la question des impacts de ce choix et de l’individualisme d’une telle décision. En d’autres termes, soit on se met le doigt dans l’œil en croyant qu’on n’est pas comme les autres (on ne pourrira pas l’endroit, les gens), soit on assume ouvertement vouloir « conquérir » -bien entendu pacifiquement- de nouvelles terres avec notre appareil photo tout neuf et nos baskets Décathlon… Mais cela pourquoi au final ? Pour notre seul satisfaction personnel, nos envies d’exotisme « authentique » (ou du moins l’idée que l’on s’en fait), rien d’autre… Un long discours provocateur pour dire en fait que je comprends pourquoi certains lieux sont touristiques… Quand la beauté est au rendez-vous, quand le génie de la création humaine s’exprime de la manière la plus esthétique qui soit, quand l’histoire marque le présent, quand le lieu est en plus facilement accessible et pourtant tellement dépaysant, et bien les touristes se précipitent… Rien de plus normal ! A chaque pays ensuite d’exploiter son potentiel et d’offrir différentes possibilités aux adeptes de chemins balisés comme aux aventuriers intrépides. Et à chaque touriste de trouver un juste milieu entre hors piste et joyaux de la culture. Et à chaque chômeur d’envisager une solution ingénieuse pour tirer quelques euros de nos pochettes bien souvent pleines ! Pour ma part, je suis un peu les deux, j’assume et ne cracherait pas sur ce temple teeeeeellement impressionnant qu’il aurait fallut être fou pour ne pas y aller ! Regardez par vous-même…



Allé j’arrête avec une dernière anecdote. Ce week-end je buvais des bières avec des potes sur les marches d’une petite superette. C’est un coin fréquenté par des sortes de Punks Indonésiens et des étudiants un peu « alternatifs » (passés moi le concept pourri…). Il y avait trois gamins de 10, 13 et 14 ans qui ramassaient les bouteilles en verre des buveurs… Je me suis naturellement mis à leur parler à la fois pour exercer mon Indonésien, parce que j’kif rigoler avec les gosses et aussi pour savoir ce qu’ils faisaient… A votre avis ? De pauvres orphelins qui vont acheter de la nourriture ? Non non, ils collectaient et vendaient les bières à 0,12 cents d’euros pour… Aller à la piscine dans un hôtel voisin !!! Environ 0,80 cents l’entrée par tête, ils devaient ramasser une vingtaine de bouteilles. Et ils l’ont fait ! J’ai tout de même penser, mais quel monde de merde où des alcolo se bourrent la gueule, des gamins ramassent les restes et un patron d’hôtel encaisse les bénéfices… En me levant Dimanche matin bien fatigué, j’ai pensé à eux 3 et me suis dis qu’ils devaient faire de sacrés « ploufs » et s’amuser comme des ptits fous d’enfants qu’ils sont!
Ce Vendredi je vais grimper le Volcan encore en activité appelé le Mérapi. Sa dernière éruption date de 2010. Ca va être chouette de se sentir sur le toit de Java (ou presque ?).
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| Ben justement le Mérapi ! |
A plush !
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